samedi 17 avril 2010

Echéances 2012 : l’impossibilité d’une candidature unique de l’opposition


Faut il continuer de rêver ou se ramener a la réalité que l’opposition ne pourra en aucun cas présenter un candidat unique contre le pouvoir en place en 2012. Malgré la profonde aversion qu’elle a du régime de Wade et de son désir de plus en plus prononcé d’imposer son propre successeur (comme si le Sénégal était une monarchie), cette opposition a en elle des contradictions plus violentes que les émotions que suscitent en elle le régime PDS.

La certitude, si d’aucun peut en avoir en politique, c’est que Macky Sall sera candidat. Il continue de sillonner le pays pour solidifier le vote Hal Pulaar qui fait de lui le 3eme candidat en termes de représentativités (selon ses conseillers). Macky Sall est certain que deux choses demeurent entre lui et le palais de l’avenue Léopold S Senghor :

Un vote sans fraudes, et Robert Sagna. Il ne retient son appartenance à Benno que pour utiliser les ressources de ce groupe pour palier à une fraude potentielle. D’ailleurs de source sure, ces représentants ne cessent de scander durant les meetings de Benno que la seule chose que l’opposition a en commun est le désir de voir des élections honnêtes ; appelant ainsi le groupe à concentrer ces activités sur ce point, au lieu d’une utopique recherche d’un candidat unique.

Quant à amadouer celui qui fut l’édile de Ziguinchor, Macky Sall offre la présidence de l’assemblée nationale en échange de son support en 2012. Le problème pour Macky Sall est que Robert Sagna en privé a toujours déclaré qu’il ne s’alignerait pas devant un nouveau venu ; et que quelque soit les circonstances il a déjà donné sa parole a Moustapha Niasse, et en bon Diola il ne se dédit pas. Toujours est-il que nous sommes en politique, les revirements de situation sont aussi communs que les vagues en hautes mer.

L’acte final de la carrière de Niasse demeure la Présidence. Malgré tout l’argent qu’il a amassé, l’homme est a la fin de sa carrière et joui de ces dernières années de lucidité. Il n’a que faire du pouvoir, que faire de l’argent (autant qu’il faut souligner qu’en général on n’en a jamais assez), il veut tout juste dormir au palais avec le titre de Président de la République du Senegal.

« Les faiseurs de roi » au sein de Benno qui sont Jef Jel, Yoonu Askan wi et j’en passe auront aussi leur mot à dire. Ils sont pour la candidature unique, cependant ils veulent une candidature unique qui assurent qu’ils demeureront représentatif afin d’assurer leur futur. La seule personne au sein de Benno qui leur garantie cela est Niasse. Ce qui nous amène a

La grande équation qui est Tanor. Aujourd’hui, il est incontournable au sein de Benno, son parti est de loin le plus représentatif ; mais sa candidature est inacceptable pour le reste. Niasse et Robert ont tout deux étaient des adversaires malheureux de Tanor ; quant aux « faiseurs de roi » ils savent qu’avec Tanor au palais de la république, rien dans son histoire ne laissent penser qu’ils demeureraient légitimes dans son administration. Tanor a la réputation de placer ses hommes et de détruire le reste. Ces victimes sont nombreuses dans l’échiquier politique du Sénégal (Robert Sagna, Niasse, Djibo Ka, Agne, etc…).

La solution pour une candidature unique de Benno n’est pas évidente mais elle passe nécessairement par la destruction de l’indestructible ; l’écartement de « l’inecartable ». Il aurait mieux valu pour Benno que Tanor Dieng n’eut jamais existé, car aujourd’hui si candidature unique doit avoir lieu, elle ne peut porter un non autre que Tanor Dieng pour avoir une chance de victoire devant Wade, mais pour la survie des autres parti, Tanor Diengest inacceptable.

Une lueur d’espoir demeure pour les adversaires de Tanor Dieng au sein de Benno ; il semble que dans le PS, le leader est contesté par des gens puissants qui lui en veulent : Khalifa Sall ; pour ne pas l’avoir supporté lors des élections municipales de Dakar, Aissata Tall, et même Aminata Mbengue ne sont pas des irréductibles de Tanor Dieng. L’idée serait de détruire Tanor Dieng à l’intérieur de son propre parti ; bien que la possibilité de ce scenario soit loin d’être évidente, sa réalisation serait un acte nihiliste pour l’opposition. Détruire Tanor Dieng aujourd’hui signifie détruire le Parti Socialiste ; détruire le parti socialiste signifie la victoire de Wade en 2012 ; la victoire de Wade en 2012 signifie l’accession de Karim Wade a la présidence de la république.

Entre ces deux alternatives : Karim Wade ou Tanor Dieng comme président, l’opposition devra choisir le moindre « diable », car ils demeurent les deux seules options viables pour 2012. Mais encore une fois nous sommes en politique et il n’y a pas d’absolu. Demain les choses pourraient être très différentes.

Christian Thiam