jeudi 20 mai 2010

LA LONGUE MARCHE DE MACKY SALL


En politique, rien n’est impossible, en réalité tout est possible. Cependant certaines taches sont plus difficiles que d’autres à accomplir ; en l’occurrence la reconversion de Macky Sall en un opposant crédible sur l’échiquier politique Sénégalais.

Il faut d’abord souligner que l’histoire politique mondiale lui est favorable ; d’Est en Ouest, du Nord au Sud les hommes politiques ont proclamé haut et fort leurs convictions d’un jour, d’une semaine, ou des fois même de quelques mois, pour après retourner leur veste d’une manière très naturelle, et je dirais même très confortable. Aux Etats Unis nous avons le fameux : « read my lips » de Georges Bush Senior qui lors de la campagne électorale a utilisé cette phrase pour rassurer les américains qu’il n’y aura pas une hausse des impôts. Quelques mois après son élection a la présidence, vous l’avez deviné il a augmenté les impôts.

Les exemples ne sont pas ce qui manque sur la scène politique sénégalaise ; en allant du mouvement « Abdou gnu doye » du professeur Iba Der Thiam, passant par le soutien de Djibo Ka a Abdou Diouf, contre Abdoulaye Wade, a la tentative « d’assassinat » de Mbaye Jacques Diop contre Wade, et même aux déclarations d’Idrissa Seck appelant Wade un « Spermatozoide », et qui peut oublier la fameuse phrase d’Ousmane Ngom « Wade parle en démocrate et agit en monarque. » et j’en passe.

Le défi que Macky Sall doit relever cependant est un peu différente : tout d’abord il est candidat « non déclaré » a l’élection présidentielle de 2012, et il se présente contre celui qui fut son patron ; celui pour lequel il a combattu Idrissa Seck, en ces mots : « l’histoire et les Sénégalais jugeront ceux dont la virulence des attaques d’aujourd’hui, n’a d’égal que l’emphase de leurs éloges d’hier. La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit…Ce pays, le Sénégal, est une démocratie multiséculaire, résultat d’une œuvre de construction historique à laquelle le Président Abdoulaye Wade a pris une part prépondérante l’histoire et les Sénégalais jugeront ceux dont la virulence des attaques d’aujourd’hui, n’a d’égal que l’emphase de leurs éloges d’hier. La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit…Ce pays, le Sénégal, est une démocratie multiséculaire, résultat d’une œuvre de construction historique à laquelle le Président Abdoulaye Wade a pris une part prépondérante l’histoire et les Sénégalais jugeront ceux dont la virulence des attaques d’aujourd’hui, n’a d’égale que l’emphase de leur éloges d’hier. La main qui donne est toujours au dessus de celle qui reçoit… ce pays, le Sénégal, est une démocratie multiséculaire, résultat d’une œuvre de construction historique a laquelle le président Abdoulaye Wade a prit une part prépondérante ». Macky a même eu l’audace de clouer au pilori un personnage emblématique de la scène politique, et de l’histoire sénégalaise. Dans une lettre qui a refait surface récemment, Macky Sall, s’attaquait alors à Mamadou Dia le grand Maodo, pour des propos qu’il avait tenu a l’encontre de la politique agricole du chef de l’Etat. Dans sa lettre adressée au président Dia Macky Sall dit : « Maodo, vous me permettrez de vous rappeler que tout, dans la démarche du président Abdoulaye Wade, nous ancre profondément dans la République.
Les derniers actes qu’il vient de poser pour l’organisation des élections présidentielle et législatives du 25 février 2007 en sont une éloquente illustration : des élections libres, démocratiques et transparentes se tiendront à bonne date et, encore une fois, le président Wade sera le président le mieux élu d’Afrique
. »

Cette phrase lourde de sens viendra certainement hanter Sall dans sa poursuite pour l’accession à la magistrature suprême. Quel discours tenir maintenant : peut-il dire que le Président Wade pourrait tenter de voler les élections à venir ? Ou que le programme politique de Wade-le-père est néfaste pour le Senegal ? Des arguments difficiles à soutenir mais pas impossible, encore une fois nous sommes en politique ou l’impossible n’existe pas.

Idrissa Seck continue de dire à qui veut l’entendre qu’il sera le quatrième président du Sénégal, Djibo Ka tient le même discours. Quant à Karim Wade, ses ambitions bien que silencieuses sont si visiblement affichées, que même Stevie Wonder les vois clairement. Chercher une différence entre ces hommes n’est pas des plus faciles : ils ont tous été pour et contre Wade a un moment de leur carrière politique, a part Karim Wade qui est le fils du Président (le linge sale se lave en famille, pas dans la presse, donc nous ne serons jamais quelle querelles il a pu avoir avec Wade le père). Pour ce qui est de ce qu’ils ont en commun c’est beaucoup plus clair ; retenons deux choses :

Ils ont tous l’ambition de devenir quatrième président du Sénégal, et ils ont tous une alliance solide avec Wade-le-père ; certains dans le passé d’autres dans le présent. Cependant, l’important pour les Sénégalais est de savoir quelle relation ils auront avec lui dans le futur. Pour Idrissa Seck son futur avec Wade-le-père est clair, c’est un retour « sans conditions » du « fils » vers le « père ». Karim considéré par Wade-le-père comme le ministre le plus intelligent du Sénégal continuera de bénéficier de la couverture paternelle, (et maternelle aussi semble t’il). Quant à Djibo Ka son existence politique de même qu’économique semble être lié à la fidélité de son support au Président Wade. Demeure maintenant Macky Sall quel sera la nature de sa relation avec Wade demain ? C’est la question que les Sénégalais se posent. Pourra t’il en politicien digne de ce nom se démettre de ces déclarations et éloges d’entant. En retournant sa veste, tout politicien doit toujours se demander si la couleur intérieure de celle-ci agrémente celle du pantalon, car il ne fait aucun doute que le bleu (couleur du PDS de Wade) et le marron (couleur de l’APR de Sall) ne sont pas des couleurs qui s’agrémentent sur un même costume. Le plus inquiétant pour Macky Sall, est qu’aucune des deux couleurs précitée n’agrémente le rouge (couleur du brassard de protestations de la masse Sénégalaise).

Une chose demeure donc certaine, c’est que malgré l’expression de toutes les ambitions, au Sénégal la vérité inaliénable, est que le dernier mot reviendra au peuple, et cela nous le souhaitons, se fera par la voix des urnes.

Christian Thiam

Yolele.com